L'Echo des sept routes N°41 : Modeste contribution à la préservation de la biodiversité.

Publié le 20 Mai 2016

Machaon (Loritel Juin 2010)

Machaon (Loritel Juin 2010)

Dimanche prochain 22 Mai 2016 aura lieu la journée mondiale de la biodiversité organisée par l’ONG la Vague verte.(http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/la-biodiversite-un-tresor-preserver/?utm_source=RS0516FB&utm_medium=FB&utm_campaign=RS0516)

Bien évidemment à l’heure où les nouvelles sur ce sujet sont chaque jour plus alarmantes, l’Echo des sept routes ne peut que saluer cette initiative.

Cette annonce a provoqué au sein de la rédaction une intense réflexion sur la manière dont nous pourrions, nous aussi, œuvrer à la préservation de la biodiversité. La notoriété de notre publication est certes limitée mais, partant du principe que les petits ruisseaux font les grandes rivières, il est important de ne négliger aucune initiative dans ce combat pour la préservation de l’environnement.

Aussi avons nous décidé d’engager une action pour sensibiliser le plus grand nombre à l’inquiétant phénomène que certains biologistes ont appelé la « sixième grande extinction des espèces ».

Première étape de cette démarche : choisir une espèce emblématique susceptible de frapper durablement l’esprit du public et d’en faire un porte drapeau de la cause. Le choix du panda par le WWF est à ce titre exemplaire. Cette ONG a réussi en son temps à faire du panda royal l’icône de la protection des animaux. Très rapidement on a vu le sympathique plantigrade apposé sur une myriade de supports. Il n’est pas d’organisme ou de grande firme qui ne souhaite arborer le logo du WWF sur ses produits : Boites de céréales, paquets de café, barres chocolatées, cahiers d’écoliers, tous les vecteurs sont bons pour affirmer le souci constant des grandes marques pour l’environnement. Notons au passage que nos braves bambins sont particulièrement ciblés par ces opérations publicitaires visant à prouver que le produit qu’ils consomment est « écoresponsable ». Cette profusion de pandas sur les produits de grande consommation finit même par éveiller quelques soupçons de « greenwashing », pratique qui consiste à fournir, à peu de frais, un alibi écologique à qui le désire. Mais peut être faisons nous preuve de mauvais esprit ? Pourquoi douter de la bonne foi de compagnies comme Nestlé ou Unilever ? Pourquoi ? Je vous le demande !

Quoi qu’il en soit, en un mot comme en cent :

Non au cumul des pandas !

Dernier handicap du panda en ce qui concerne notre démarche : cette espèce n’est pas présente sur le petit domaine de Loritel, condition sine qua non pour avoir l’honneur d’être l’espèce emblématique du combat de l’Ed7R pour la biodiversité.

Exit donc le panda !

Je m’empresse de préciser à l’attention des pandas que les critères qui ont mené à cette décision sont purement techniques, et ne visent aucunement à stigmatiser leur espèce. Que tous les pandas du monde me pardonnent, et ne voient pas là une attaque personnelle ! Car sous ses airs débonnaires de mangeur de bambous, n’oublions pas que le panda est un ursidé et à ce titre dispose de griffes, d’une puissante mâchoire équipée de dents tranchantes et peut faire preuve de violentes sautes d'humeur. Valéry Giscard d'Estaing en fit l'expérience quand en 1981 il voulut intégrer Yen Yen, un des pandas du zoo de Vincennes, dans sa campagne électorale. Dès qu'il l'aperçut, Yen Yen, pris d'une soudaine colère, se précipita toutes dents dehors sur le président de la république en exercice, bien décidé à écourter de quelques mois son septennat. Le président-candidat ne dut son salut qu'à la courageuse intervention du gardien du zoo qui réussit à l'extraire in extremis de la cage.

Tout malentendu étant je l'espère, écarté, poursuivons notre réflexion sur le choix de notre ambassadeur.

Puisque nous étions dans le domaine des plantigrades, nous pensions un moment convoquer le blaireau, qui lui arpente chaque nuit les parcelles de Loritel. Malheureusement, en France le blaireau souffre d’un déficit d’image du fait de la déplorable habitude langagière qui consiste à traiter de « blaireau » toute personne intellectuellement limitée ou mal dégrossie. Une fois encore, c’est à regret que nous avons du écarter l’animal. Le blaireau est en effet le blason populaire de mon village natal, coutume qui consiste à affubler d’un sobriquet les habitants d’un village. C’est ainsi que nous avions, entre autres, les Loups de Moyon, les Chiens de Tessy, les Poneys de Hambye, et les Blaireaux de Beaucoudray. En plus d’être un crétin rural, votre chroniqueur rural se targue également d'être un blaireau de naissance. Cela étant, le blaireau ne constitue pas le choix le plus judicieux dans le cadre d’une opération de communication.

J'entends déjà certains lecteurs, qui se reconnaitront, réclamer à cor et à cris la réquisition du wombat, mais une fois encore ce sympathique marsupial ne fait pas partie, à notre grand regret, des espèces endémiques du bocage normand. Pour en savoir plus sur l'animal en question je recommande la lecture de "Comment attirer le wombat" de Will Cuppy, aux éditions "Wombat", justement.

 

 

L'Echo des sept routes N°41 : Modeste contribution à la préservation de la biodiversité.L'Echo des sept routes N°41 : Modeste contribution à la préservation de la biodiversité.

Quittons les mammifères pour explorer le reste du monde animal. Les oiseaux sont souvent sollicités pour évoquer la nature. Avec plus de quarante espèces recensées sur le territoire de Loritel, il aurait du être facile de trouver un bon ambassadeur de la cause de la préservation de la biodiversité. La situation du Bouvreuil pivoine, espèce présente à Loritel, mais dont les apparitions se font de plus en plus rares, faisait de ce magnifique passereau un candidat idéal. Mais là encore, l'utilisation systématique des oiseaux peut se révéler contre-productive pour la cause qui nous intéresse. On peut vite se heurter aux objections réductrices du type : « Oh là là encore un écolo qui veut sauver les p’tits oiseaux ! » Ce type d'argument, outre le fait de m'énerver passablement, a tendance à tuer le débat, et réduire à néant tous les efforts de communication déployés. Au passage il serait pourtant urgent de s'en inquiéter : les trente dernières années ont vu la population d'oiseaux chuter de 420 millions d'individus pour la seule Europe. Effroyable écocide silencieux.

   Ecartons donc l’ordre des oiseaux pour rechercher notre mascotte. Là encore, que les oiseaux ne voient là aucun grief personnel à cette éviction. Parole de chroniqueur rural l’occasion se présentera de les remettre sur le devant de la scène.

L'Echo des sept routes N°41 : Modeste contribution à la préservation de la biodiversité.

Tournons nous donc vers les invertébrés et en particulier les insectes. Le magnifique Machaon, le plus grand papillon de nos contrées et présent dans notre jardin semblait tout indiqué, mais allez savoir pourquoi, je le trouve trop beau pour ce rôle, trop consensuel. Sensibiliser le public au problème de la biodiversité est l'occasion d’attirer l’attention sur un animal dont l’aspect extérieur soit en mesure de frapper les esprits. Pour ce type d’action, une image un peu étrange est plus à même d'opérer ce choc salutaire. Le rhinocéros par exemple est un bon exemple de ce paradoxe : Il est certes plus facile de mobiliser les foules pour sauver le tigre majestueux où l'adorable panda, mais son aspect rebutant au premier abord du pachyderme plaide finalement pour le rhinocéros et illustre bien la notion de biodiversité. On peut ainsi plus aisément lui assigner le rôle de victime injustement stigmatisée ce qui en terme de communication peut se révéler payant auprès du grand public…

 

Après un bref inventaire des différentes espèces présentes à Loritel et compte tenu de toutes ces réflexions, il nous est finalement apparu comme une évidence que nous avions sous les yeux le candidat idéal pour incarner le concept de biodiversité.

Un fantasmagorique insecte à la silhouette étrange présent dans notre petit écosystème et qui a déjà fait la une de l’ED7R réunit à lui seul tous les atouts pour incarner la lutte pour la préservation de la biodiversité made in Loritel.

C’est ainsi qu’au terme de ces intenses réflexions l’Echo des sept routes a l’immense bonheur de décréter le 22 Mai 2016 :

 

 

Journée mondiale du Gastéruption à Javelot

Source : La Hulotte.

Source : La Hulotte.

Rédigé par Philippe LEBOUCHER

Publié dans #Animaux, #Environnement, #Gastéruption à javelot

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