L'Echo des sept routes n°37 : La pluie.

Publié le 4 Décembre 2015

En ces périodes troublées, il, est parfois bon de parler de la pluie et du beau temps.

Il y a quelques jours de cela, une lectrice assidue nous a fait parvenir le lien suivant : http://www.etaletaculture.fr/litterature/le-nom-de-lodeur-de-la-terre-apres-la-pluie/ .

Outre que le propos de l'article intéresse au plus haut point tout Normand qui se respecte, le hasard a voulu que je reçoive ce lien le jour même où je rédigeais les quelques lignes qui suivent.

Je perçois là ce que Charles Fort appelait une coïncidence exagérée.

 

La pluie, donc...

Après la pluie. Novembre 2015

Après la pluie. Novembre 2015

La pluie est revenue, la vraie pluie, celle qui fait chanter les gouttières et puer les chiens. Celle qui gonfle les rivières, oblige à chausser ses bottes, à s’équiper pour sortir. La vraie bonne pluie d’automne, accompagnée de bourrasques qui poussent de gros nuages qui l’espace d’un instant se déchirent pour laisser poindre, un coin de ciel bleu et l’éclair cinglant d’un soleil d’automne qui fera briller toits, feuilles et branches. La pluie qui détrempe la prairie et la fait chuinter sous nos pas. La pluie qui fait resurgir l’eau de sources dont on avait oublié l’existence.

La pluie.

La Normandie ne se conçoit pas sans pluie. Le bocage lui doit sa splendeur verdoyante, la richesse du lait de nos vaches, la vigueur et l’endurance de nos chevaux, l’abondance de nos pommes. La pluie, inlassablement lave le ciel et laisse place à ces lumières incomparables tant recherchées des artistes, éclairages irréels, ciels de plomb, nuages cernés d’argent scintillant…

Arpenter la campagne sous ce déluge est un plaisir subtil que goûtent les gens attachés à cette terre. La douceur moite des dernières semaines n’est pour nous qu’une inquiétante anomalie, stigmate de changements délétères. Le bruit du vent dans les arbres, le vol des corbeaux qui se laissent dériver dans les airs, le crépitement de l’averse sur les pans de la veste, les tourbillons dorés de feuilles mortes, la fraicheur du vent d’ouest sur le visage, tous ces signes qui disent l’automne, je les attendais depuis plusieurs semaines. Ils me manquaient, sans même que je le sache. Leur absence distillait en moi une sourde angoisse que je ne savais nommer, qui s’évanouit au moment même où je les retrouve.

Saluons donc le retour de la pluie, richesse de ma terre natale.

Rédigé par Philippe LEBOUCHER

Publié dans #Rubrique éclectique, #Bocage, #Vie rurale

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