L'Echo des sept routes N°36 : Une lueur dans la nuit.

Publié le 14 Novembre 2015

La violence me répugne. Un temps de maturation m'est nécessaire pour intégrer un événement comme celui qui vient de frapper Paris.

Comme à chaque fois en pareille circonstance, je suis littéralement sidéré. Le flot de réactions que suscite l'évènement me submerge, et je ne sais quoi dire, ni quoi faire devant l'horreur de la situation. L’émotion me prend et m’empêche de m’exprimer clairement.

Des émotions contradictoires se télescopent devant les manifestations qui affluent de toutes parts. Certaines sont émouvantes, d’autres inquiétantes, d’autres encore sont parfaitement écœurantes.

Face à un tel déferlement, que dire qui n’a pas déjà été dit ? Réitérer la même indignation, la même révolte face à la barbarie, à l’ignorance crasse… Réaffirmer sans cesse notre attachement à la liberté d’expression, à la liberté tout court. Nos sociétés ont mis des siècles à s’affranchir de l’omniprésence de la religion dans nos existences tout en garantissant la liberté de croyance et de culte. Ce petit miracle ne sera-t-il qu’une parenthèse dans l’histoire ? Nous avons chèrement gagné le droit de pouvoir boire le vin que l’on aime en écoutant la musique qui nous plait avec les gens que l’on aime, hommes et femmes confondus, habillés à leur guise. Vendredi soir, c’est cette liberté qui nous paraît si naturelle, qu’exerçaient les victimes de ce carnage. Je refuse de me voir imposer à nouveau une telle tyrannie, d’où qu’elle vienne. Nous allons vraisemblablement devoir nous battre pour pouvoir continuer à vivre comme bon nous semble. Sombres perspectives pour les années à venir. Il va aussi nous falloir veiller à ne pas sombrer nous même dans la barbarie.

Pour le moment, ayons juste une pensée pour les victimes, les innocents qui allaient juste écouter un concert de rock, qui buvaient juste un verre, qui programmaient autour d'un verre leurs activités du weekend, qui allaient voir un match de football. Ce soir cent vingt neuf familles pleurent la disparition d’un proche, trois cent cinquante personnes souffrent dans leur chair. Que pouvons nous faire pour tous ces gens ?

La réponse m’a été suggérée de la plus belle façon qui soit par ma fille Capucine, âgée de treize ans.

Bouleversée par ces violences inhumaines, Capucine a tenu à manifester sa solidarité avec les victimes en allumant une bougie à notre fenêtre. Personne d’autre que nous ne la verra, puisque nous habitons en pleine campagne. Mais qu’importe, cette petite lueur face à l’obscurité est un symbole qui dans sa simplicité est plus évocateur que tous les grands discours entendus durant cette tragique journée.

Puisse-t-elle briller à jamais…

L'Echo des sept routes N°36 : Une lueur dans la nuit.

Rédigé par Philippe LEBOUCHER

Publié dans #Société

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LOTHELIER pascal 17/11/2015 19:50

Bonsoir
Un geste plein d'espoir qui vaut plus que des "grands discours"
Amicalement
Pascal