L'Echo des sept routes N°20.

Publié le 9 Juin 2014

Chers lecteurs,

    Après bien des péripéties me voici de retour pour animer de nouveaux numéros de ma chronique rurale paraissant lorsque son auteur est en état de la rédiger. 

   Alors quoi de mieux pour marquer ce retour printanier que de vous entretenir d'une des petites joies qui ont contribué à apaiser les affres de cet hiver morne et pluvieux. J'ai donc choisi de vous entretenir de ce personnage qui m'est cher et dont la présence en mon petit domaine est pour moi source d'une joie simple, intense et toujours renouvelée.                  

   L'ami dont je veux vous parler est Messire Le Lièvre, incarnation de la vitesse pure fusant hors du pied du talus sous forme d'une boule de poils roussâtres accompagné d'un furtif bruit de végétation froissée. C'est sous cet aspect que l'on voit le plus souvent Maître Lièvre, encore que le terme "voir" est quelque peu exagéré pour qualifier la perception fugace de cette entité qu'est Messire Lièvre. Car le lièvre est bien plus qu'un animal, le lièvre est un presqu'un concept, à la limite de l'abstraction. Il peut par exemple échapper des mois durant à votre regard, donnant l'impression qu'il s'est absenté du monde où nous vivons, comme le faisait Merlin quand, lassé des faiblesses des hommes et sourd à leur lamentations, il s'éclipsait pendant de long mois. Chaque fois que je la constate, je vis cette absence comme un affront dirigé contre ma personne.  Si le Lièvre s'est absenté de Loritel, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il existe une cause à cette absence. En fait il n'est jamais vraiment absent, il se dérobe simplement à notre regard. Quoi qu'il en soit, le vide créé par l'absence du lièvre sur mon petit domaine résonne en moi comme un lourd reproche et me porte à chercher au plus profond de moi ce qui a pu provoquer cette fuite. Je suis alors en manque du lièvre. Que cette absence se prolonge et une sourde angoisse m'étreint, une inquiétude me saisit : qu'est ce qui éloigne Messire Lièvre de Loritel ? Je cherche activement des signes de son retour, tout en sachant que c'est inutile : il ne reparaitra que quand bon lui semblera. La crainte que mes quelques arpents de terre ne soient plus un biotope autorisant la présence du lièvre constitue pour moi une réelle inquiétude, car elle constituerait la preuve que quelque inexorable déchéance est à l'oeuvre, contribuant a faire de nos champs une zone stérile sans vie, sans charme...Sans lièvre...Un cauchemar !

      Alors quelle joie quand après de longues semaines d'absence, Messire Lièvre daigne nous faire l'honneur de s'offrir à notre regard. Sa simple apparition signifie pour nous une sorte de retour en grâce et constitue à chaque fois un immense soulagement.

     Il faut croire que cette année, nous avons trouvé grâce à ses yeux puisque nous avons pu le contempler maintes fois tout au long de l'hiver et de ce printemps. Il m'est même arrivé de le lever à deux reprises à quelques minutes d'intervalle. Après l'avoir fait bondir hors de son gite dans le "côtil", il s'était contenté de traverser la parcelle et de se gîter au soleil au pied d'un talus accueillant, pour profiter du pâle soleil d'hiver. Preuve s'il en était besoin, qu'il se sent en parfaite sécurité au sein de notre petit domaine, source de grande fierté. 

      Cette joie est décuplée quand cette apparition a eu lieu en présence des enfants. Pouvoir partager avec eux cet instant de réelle euphorie suscite un intense bonheur. Mais le plus beau, est que non content de parcourir nos champs, Messire Lièvre a, ce printemps, élu domicile jusque dans notre jardin. En plus de nous offrir cet immense honneur, il s'est laissé admirer de longues minutes, ne daignant même pas prendre la fuite quand nous nous montrions aux fenêtres pour pouvoir mieux le voir. Quoi de plus beau que de pouvoir commencer sa journée en observant Messire Lièvre prendre son petit déjeuner d'herbe fraiche en toute tranquilité à quelques mètres seulement de notre maison. Je suis parfaitement conscient, il s'agit là d'un immense privilège dont on se lasse jamais. Que messire Lièvre en soit ici publiquement remercié.

    Alors fort de cet insigne honneur j'ai l'immense plaisir de vous présenter ci dessous, Messire Lièvre en personne, celui là même qui arpente les champs de Loritel et ce grâce à M Pascal LOTHELIER, photographe animalier dont le talent n'a d'égal que la modestie puisqu'il qualifie ses clichés de travail d'amateur. Je vous laisse le soin de juger puisqu'il a créée un site internet, dont l'adresse est http://pascallothelier.com et où l'on peut admirer son exceptionnel travail. 

        A bientôt pour une nouvelle chronique.

 

 

Messire Lièvre pris sur le vif, à quelques centaines de mètre de Loritel, au lieu dit "La Patrie" grâce au talent de M Pascal Lothelier.
Messire Lièvre pris sur le vif, à quelques centaines de mètre de Loritel, au lieu dit "La Patrie" grâce au talent de M Pascal Lothelier.

Messire Lièvre pris sur le vif, à quelques centaines de mètre de Loritel, au lieu dit "La Patrie" grâce au talent de M Pascal Lothelier.

Rédigé par Philippe LEBOUCHER

Publié dans #Animaux

Repost 0
Commenter cet article

gandanger 13/12/2014 01:07

bravo philippe. A bientôt j'espère sous le ciel de Granville. Peut-être à dimanche 14 déc à partir de 17h pour notre scène ouverte à la Cigale Voyageuse rue des juifs ...et aussi pour nos premières joutes poétiques granvillaises le samedi 20 décembre à partir de 17h au Théâtre de la Haute Ville
(prudent de réserver 0233907318)